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L’éducation de nos enfants, déculpabilisons.

par Tonton & Jiji
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En tant que parents, on est confronté que ce soi sur Internet ou dans les magazines destinés aux parents à nous vendre des méthodes : ne dîtes pas mais dites plutôt, faites ceci, pas cela, jamais ainsi, toujours comme ça… Ainsi, on élève son enfant en suivant un tutoriel.

 Méthode de la norme de parentalité positive

Cette méthode idéale réglerait tous nos soucis de parents, elle porte le nom de l’éducation positive, ou «parentalité positive», «autorité bienveillante» ou encore «éducation non-violente». Comme si c’était devenu la norme. 
Cette relation créé un contrat implicite où chacun s’applique à jouer son rôle: aux parents, celui d’élèves attentifs et disciplinés: aux experts, celui d’avoir réponse à tout.
Ces expert se justifient par des propos utilisant des mots appartenant au champ lexical médico-scientifique, pour nous y apporter la preuve d’une expertise supérieure à la nôtre, à laquelle il semble légitime que nous devons nous soumettre. Et Tout ça en culpabilisant les parents et tout en les poussant à gagner le titre de bon parent.

Quelles sont donc les «bonnes raisons» de suivre l’éducation positive?

Elle se résument  aux seuls bénéfices «concrets», si souvent mis en avant tels que l’amélioration des performances cognitives des enfants, la réduction des troubles du comportement ou la suppression des conflits familiaux.  La responsabilité de la mère
L’éducation positive demande aux parents d’endosser le rôle d’un thérapeute qui accueille la parole et les émotions de l’enfant, qui tente de l’aider à les gérer, à les comprendre et à les dépasser, tout en évitant de les prendre pour lui.Le «travail émotionnel» est presque toujours assigné aux femmes.  Elle est l’initiatrice du changement,  doit s’informer, se former et former elle-même l’ensemble de la famille aux nouvelles pratiques, techniques de communication et modalités d’échange de l’éducation positive.

Objectif ambitieux du “plein développement” de son enfant

Désormais, on ne serait plus un «bon parent» par défaut, en se bornant à éviter les comportements délétères. Pour gagner ce titre, il faut viser rien de moins que le «plein développement» de son enfant. Mais comment atteindre cet objectif d’enfant suffisamment «plein»? Ont-ils établi une grille évaluative? 

Idéal à viser

Sur ces points, le Conseil de l’Europe ne dit pas grand-chose –et pour cause: ce que pose leur définition, ce n’est pas une marche à suivre, mais un but, un idéal à viser! Cela explique qu’il nous semble si difficile à atteindre… et si difficile à critiquer! Comment pourrait-on légitimement s’opposer à la poursuite de l’intérêt supérieur de l’enfant? Être «contre» l’éducation positive serait aussi incongru et révoltant qu’être «contre» la paix ou «contre» la bonne santé! Mais pourrions-nous nous satisfaire d’une paix contrôlée par un régime totalitaire? D’un système de santé où nul n’aurait le droit de refuser une intervention chirurgicale? S’entendre sur le but à poursuivre ne veut pas dire qu’on s’entende sur le chemin pour s’y rendre!

Des petits robots

Le coach en éducative positive a une vision manichéenne selon laquelle on éduque son enfant comme on débouche un évier: grâce à un tutoriel! Les parents se sont habitués à recevoir constamment des consignes, parfois exaspérantes, mais aussi très rassurantes. De l’autre côté, les experts ont pris l’habitude de générer des conseils à la pelle en réponse à ces attentes: c’est si valorisant de se sentir utile! Ils ont pris l’habitude de donner tellement de conseils qu’ils pensent avoir le devoir de le donner sans qu’on leur demande. Et pensant forcément qu’ils ont raisons dans leurs affirmations. Seul leur méthode serait bonne et forcément à suivre. Ils vendent une recette censé être efficace et facile en refusant de considérer la complexité et la variabilité de la situation éducative

Intervention infantilisante et aliénante

Cette méthode élaborée pour les parents offre un contenu culturellement accessible conduit à ne proposer qu’un propos simpliste, caricatural et autoritaire: présentant des messages courts et catégoriques; assène des consignes plutôt que susciter des réflexions; donne des recettes plutôt que  de proposer une guidance ou une aide. Les pouvoirs publics auraient-ils donc tendance à prendre les parents pour des imbéciles? Sinon, pourquoi refuser les nuances et la diversité? Pourquoi ne pas chercher à renforcer leur capacité à faire leurs propres choix, plus informés, plus éclairés, plus conscients que de se contenter de leur inculquer quelques rudiments?  Pourquoi imposer une méthode éducative au profit d’une véritable éducation respectueuse des individus?

Conséquences de cette norme

Présentée comme la méthode idéale, il faut viser rien de moins que le «plein développement» de nos enfants. Ce serait une méthode  «scientifiquement prouvée», qui stigmatise les parents les plus vulnérables et  alourdit leur charge mentale. La parentalité est une affaire de femmes, terriblement anxieuses et épuisées… Cette tendance générale semble parfois encore plus marquée dans les communautés qui se revendiquent de l’éducation positive. Cette norme balance des arguments pour approuver les visions caricaturales, anxiogènes et culpabilisantes de l’éducation d’un enfant.

Qui est derrière cette parentalité positive

Cette éducation positive est celle formulée par le Conseil de l’Europe est en dit : La Parentalité positive se réfère à un comportement parental fondé sur l’intérêt supérieur de l’enfant, qui vise à l’élever et à le responsabiliser, qui est non violent et lui fournit reconnaissance et assistance, en établissant un ensemble de repères favorisant son plein développement. 
Derrière cette parentalité bienveillante se cache des consignes de prévention  zélé par les pouvoirs publics telles que celles relatives à la lutte contre l’obésité, à la surexposition aux écrans, au dépistage de l’autisme, ou encore à la réduction des violences éducatives.

Et la confiance face aux parents

Cette méthode éviterait donc les risques de violence éducative. Mais est ce vraiment les parents violents qui lisent cette norme ? Les experts ne lancent t’ils pas leurs tutoriels à tous les parents ? Ainsi, on n’accepte  de faire confiance à aucun parent. On ne laisse plus disséquer, critiquer. On n’encourage pas à le métisser, à le réinventer, et même à le transformer pour finalement mieux se l’approprier. Par ce fonctionnement, nous ne pourrons obtenir que résistance, peur et adhésion de façade à l’autorité éducative et médicale. Bref, pour que les enfants soient éduqués «positivement», il ne faudrait pas seulement songer à éduquer les parents… encore faudrait-il le faire positivement!

Prenons le temps de nous interroger

La majorité des parents et même nos grands mère avaient l’objectif de bienveillance à son enfant. Personne n’a rien inventé ! On souhaite tous faire le job de parent afin d’avoir le plus intelligent, le plus sociable, ou d’avoir une carrière la plus brillante pour atteindre “ce plein développement” anxiogène poussant l’enfant. N’est ce pas aussi une forme de violence à vouloir à tout prix qu’il entre en compétition ? La majorité des mères souhaitent d’abord lui transmettre une manière de vivre et d’intéragir entre êtres humains… Est ce vraiment la garantie d’un quotidien de parent plus confortable que les parents recherchent ? A notre époque, on fait des enfants quand on  le désire, un enfant attendu, aimé et désiré.

Les droits de l’enfant

L’éducation positive a fait de l’enfant un être incapable, invalide et fragile, que la moindre maladresse parentale pourrait condamner au pire. Si ça ce n’est ni angoissant ni culpabilisant, que faut-il? L’éducation positive apparaît comme un des chemins pour renforcer les droits de l’enfant. La démocratie familiale, comme la liberté, la justice ou la protection des plus faibles, n’a pas besoin d’être établie comme une vérité scientifique pour être défendue. Elle s’appuie sur des intentions, des espoirs, des valeurs sur lesquelles nous souhaitons construire nos vies, notre famille et notre société. Ainsi apprendre à défendre ses idées, faire ses propres choix ou identifier ses émotions est nécessaire mais hélas pas des plus utiles lorsque notre quotidien consiste d’abord à échapper aux crises économiques que nous multiplions et à ses prédateurs, afin de trouver de quoi manger et survivre. Nous sommes tous confronté à devoir faire des tâches qui ne nous passionnent pas mais que nous devons faire. On est gentiment aussi formaté à finir par accepter des situations, des idées, des mouvements de pensées par la répétition des messages même si nous ne les approuvons pas, on peut finir par se les accaparer comme si que cela était devenu une norme (manger 2 fois de la viande par semaine, manger 5 fruits et légumes par jour…) On est envahi par les slogans! Quand il y a vingt ans, nous devions manger de la viande chaque jour ! La pauvreté fragilise et amplifie le devoir, la honte et la culpabilité mais bien contraint de faire des choix sans pouvoir défendre ses idées ou la réalité que tout n’est pas forcément possible même si cela serait mieux mais pas vitale…

La pauvreté a augmenté

Le confort et la sécurité n’est pas forcément si facilement accessibles à tous. D’après une étude de l’Insee parue le 16 octobre, la pauvreté a nettement augmenté (+0,6%) en France en 2018 pour atteindre 14,7% de la population française, alors que la tendance était à la stagnation ces dernières années, voire à la baisse. Près de 9,3 millions de Français vivent avec moins de 1050 euros par mois pour un célibataire sans enfant. Soit près de 500.000 de plus qu’en 2017. N’est ce pas l’avenir d’un plus grand nombre d’entre eux? 
Selon une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc réalisé en 2015, 25% des 3-11 ans ne prennent pas de petit-déjeuner tous les matins, les populations défavorisées étant les plus touchées. Il est difficile de parler d’éducation bienveillante et surtout du plein développement de l’enfant dans cette précarité financière.

Le lien entre la bienveillance éducative et plein développement de l’enfant ?

Un parent avec des moyens modestes n’est pas forcément dans la capacité à donner à son enfant un plein développement mais ce n’est pas pour autant qu’il est n’est pas bienveillant avec son enfant.

Individualité de l’enfant

En définitive, pour nous convaincre d’agir selon ses préceptes d’éducation bienveillante, ils nous persuadent que l’enfant est un être forcément bien intentionné, à qui l’on ne peut faire de reproches et qui ne peut rien éprouver de répréhensible, dont on doit accueillir le ressenti sans quasiment jamais le restreindre ou le questionner. On en oublie l’individualité. Comme si que chaque enfant d’une même fratrie sont identiques et aurait donc besoin de la même réponse éducative. Ce qui est faux! Ainsi des encouragements pour identifier et assumer pleinement nos valeurs et nos choix de parents sont à saluer et à perpétuer. Rien de mal à être un parent libre qui s’autorise à tester, rectifier, innover, questionner. Et chacun fait ce qu’il peut ! 

Le neuroscientifique, les neurosciences

Les neurosciences  ont fait de remarquables progrès ces dernières années mais en sont qu’aux balbutiements. Ce qui suscite une brèche et des convoitises en lui prétendant un discours parfois de neuromythes! Il est donc important de stimuler notre esprit critique pour nous donner l’envie de devenir un «parent chercheur». Trouver des arguments nous aideront à repousser les visions caricaturales. Nos enfants ne sont pas des outils de bricolage. Au lieu d’en défendre les droits et la dignité, l’éducation positive a enlevé à l’enfance sa complexité, son intensité, sa diversité et ses zones d’ombre. Pour servir ce discours simpliste, l’éducation positive est allée chercher l’une des branches scientifiques les plus ardues –les neurosciences–, laquelle n’en est qu’à sa préhistoire, tant son objet d’étude du cerveau est complexe… certes toujours mieux que la psychanalyse archaïque. L’ief est  une forme d’éducation bienveillante en considérant la complexité et la variabilité de la situation de l’enfant. 

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