Nomade digital

par Tonton & Jiji
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Ce dernier siècle devient le prototype du changement de vie pour vivre au vert, en toute autonomie. La tendance à tout quitter pour créer une autre vie. Ce projet séduit ceux qui souhaitent se consacrer à leurs familles et sont en quête d’un mode de vie plus zen.

De nombreux projets émergent. Les plans ont pris le relais dans le cœur des aspirants au changement. Mais ceci est vue par une envie de quête de sens. Pour autant, l’aspirant au changement n’a pas fait le distinguo entre la réalité d’une nouvelle vie et le mirage à la mode.

Le modèle emblématique

Les réseaux sociaux, y compris les blogueurs mettent en scène la vie emplie de positifs sur fond de paysage idyllique et souvent ensoleillé. Ils aiment aussi partager des personnes sur la plage, les pieds dans l’eau et la tête plongé sur leur écran de leur ordinateur à travailler.

Rassurez-vous à cet instant, ils ont décroché du cadre et ne sont plus dans l’admiration du paysage mais ont l’esprit plongé, comme vous, à devoir gagner leur vie.

  • Premier écueil : peu de chance de trouver le voyage que personne n’a jamais jamais fait avant vous. Peu de chance, aussi de réussir, à trouver le stationnement idéal avec une vue exceptionnel et d’avoir toujours un soleil étincelant sous 30°.
  • deuxième écueil : pour apprendre ces métiers du nomade, il faut d’abord s’y retrouver parmi la jungle des formations proposées, loin d’être toujours sérieuses. Certaines écoles proposent d’obtenir des titres en trois mois seulement, à grand renfort de publicité.
  • Ce qui augmente le nombre de “pro”, baisse ensuite les prix des services proposés et ne donnent pas la même qualité de prestation entre “3 mois de formation” et “3 années d’études”.
  • Troisième écueil : «Choisis un travail que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie.» La maxime de Confucius respire la sagesse. Mais, elle reflète aussi une vision quelque peu fantasmée du monde du travail… Je ne connais pas ce fameux métier, même passionnant, qui ne comporte pas son lot de contraintes et ses facettes moins glamour.

Le mirage à la mode

D’abord, cela ne signifie pas forcément que les professions en vogue sont des pistes à éliminer d’emblée. Mais il faut s’y préparer avec encore plus d’attention. Il n’y a pas de mauvaises idées de reconversion en soi, tout est dans la préparation et dans l’anticipation. Il faut à minima mener une enquête métier approfondie, voire se tester en conditions réelles, afin de connaître l’envers du décor de la profession envisagée.

Ensuite, il est par exemple très facile de se faire embaucher dans une entreprise de communication en stage pour se confronter au quotidien des chargés de projets, de communication ou d’un chef de projet web… Un bon test qui permet à ceux qui manquent de racines dans le digital d’éprouver leur projet.

Enfin, à l’issue de l’expérimentation, environ deux tiers des participants concrétisent leur projet d’installation. Les autres abandonnent ou se réorientent, faute d’avoir pu trouver des contrats ou refroidis par la pénibilité du métier ou à cause de son impact sur leur vie familiale.

Le rêve et l’illusion

Mais ce changement crée aussi de grosse déception de rendement net annuelle, qui est loin de représenter un projet de vie économiquement viable.

Ce que l’on aime faire ne permet pas forcément de gagner suffisamment pour vivre. Ces questions, les candidats à la reconversion n’ont pas toujours envie de se les poser.

Dans l’enthousiasme d’une reconversion-passion, on en oublie la nécessité d’élaborer une stratégie commerciale. Entre le coût de la reconversion et la fréquente baisse de revenus qu’elle implique, la reconversion s’avère difficile. Nous sommes contraint de surveiller ses dépenses.

Las de leur job actuel, à la recherche d’un accomplissement personnel, certains se bercent parfois d’illusions quant à la réalité quotidienne de leur future profession. Pourtant, l’imaginaire collectif des métiers passions, ceux qui attirent immanquablement les candidats au changement de vie, se renouvelle à chaque génération. Je vous assure, nos enfants, ne veulent surtout pas vivre de notre profession. Généralement, il ne faut pas compter ses heures de travail. Les conditions de travail sont souvent bien moins confortables que dans une entreprise. Autant d’éléments que l’on a parfois tendance à mettre de côté au moment de se lancer.

Le risque de désillusion guette tous candidats aux métiers du digital. Même si on est toujours plus nombreux à vouloir vivre ainsi. Généralement, souvent les surdiplômés qui quittent leur entreprise s’en sortent plutôt mieux. Pour cela, ils mettent à profit leur réseau et leurs compétences, notamment en matière de communication et de gestion. Il n’en va pas toujours de même pour les autres.

Le statut d’auto-entrepreneur et d’entrepreneur

D’abord, il faut se constituer une clientèle et, pour cela, effectuer un gros travail de prospection commerciale, avec lequel tous ne se sentent pas à l’aise. A savoir que ces entreprises que nous démarchons ne nous ont pas attendu, soi ils ont déjà leurs prestataires, soi n’estiment n’avoir aucun besoin.

Ensuite, il faut être chef d’entreprise avant d’être nomade digital, sinon l’argent ne rentre pas. Or beaucoup de candidats et de prospects n’osent pas faire de communication en web marketing, trop “business” selon eux ou estimant, ce qui est fait, est suffisant. Aussi, d’augmenter les dépenses de communication pour passer à la vitesse supérieure est parfois impossible ou jugé à raison ou non, trop risqué. Les prospects préfèrent renoncer. Aujourd’hui, très peu de nomades digitales vivent uniquement de cette activité ou doivent revoir à la baisse leur taux de rémunération horaire.

On peut ou pas se sortir un revenu par mois! Si, si, ce n’est pas délirant ! Même, si on a travaillé beaucoup d’heures. Mais, il faut en avoir conscience. De plus, cela reste précaire. Chaque mois, il faut retrouver des nouveaux projets et des nouveaux clients. Enfin, même si la gratitude des clients est parfois bien là. Les entrepreneurs expérimentent un décalage entre les valeurs d’aide et de bienveillance. Ces valeurs supposées qui devraient animées les relations dans les milieux du service ne font pas toujours parties d’un contrat collaboratif. La réalité du terrain est plus distante. il y a en tant que prestataire indépendant que nous sommes et le désir du client pressé, une relation d’un partenariat descendant parfois même par les collatéraux… C’est ma principale désillusion. Le monde digital, ce n’est pas celui des Bisounours. On n’y a pas affaire uniquement à des personnes honnêtes et gentilles.

Des nomades digitales refroidis

Internet a renforcé l’intérêt pour les métiers du digital. Mais la vie du digital n’est pas de tout repos. Le nombre d’heures travaillés et les horaires sont difficilement conciliables avec une vie de famille du fait de toujours avoir un dossier à boucler. L’impression de se donner à fond pour un salaire peu nourrissant finit par s’installer. La frustration de ne pas participer aux prises de décision peuvent finir par prendre le pas sur l’amour du graphisme et du plan marketing. (Mais le client est roi !….) Aussi, noter, l’adrénaline du «coup de feu» qui a un effet sur l’esprit de famille.

La satisfaction n’est pas toujours au rendez-vous. Souvent les gens se lancent en croyant que, du moment qu’ils partagent quelque chose qu’ils aiment, les gens seront émerveillés. Sauf qu’il y a toujours des clients mécontents et que ce sont ceux qui se font le plus entendre. Parmi les concepts des métiers du digital continue de séduire. Ce qui attire, c’est la possibilité de se lancer à son compte avec un investissement limité.

D’un côté, le concept digital n’est pas rentable et plonge parce qu’il génère trop peu de chiffre d’affaires. On ne peut pas se reconvertir en pensant travailler moins ou au plus de trente-cinq heures par semaine. Pour dégager un profit, il faut effectuer des prestations le soir et le week-end, les contraintes sont fortes. Difficile de s’éloigner de la typo, des chartes graphiques et des stratégies de marketing. De quoi décevoir les MOOC et les adeptes d’autodidactes afin de faire la différence avec le e-learning.

A quoi s’attendre?

Toute la difficulté consiste à vendre des produits qui ne sont pas de première nécessité. Le nomade digital doit pour cela déployer des trésors de créativité. Il faut s’adapter au marché, respecter les tendances, connaître les goûts du public. Or, souvent, les personnes en reconversion ont d’abord envie de se faire plaisir. Si l’on ne fait que ce qu’on veut faire, on risque de ne pas aller très loin. Obtenir la reconnaissance des pairs, du public et des prescripteurs prend du temps et n’est pas donné à tous. Le nomade digital est toujours désappointé quand ce qu’il crée, dans le style qu’il aime, ne plaît pas. Certains échouent à s’installer durablement dans la vie nomade et retournent à leur vie et leur métier initial.

Aller au bout de son projet de reconversion n’est pas seulement une affaire de lucidité, de détermination ou d’amour du travail bien fait. Ce sont plutôt les ressources économiques, scolaires et le réseau dont on dispose qui font la différence. Lancer une activité est déjà difficile, en nomade s’avère davantage compliqué.

Pour conclure

j’avais envie de faire cet article. Sur les contenus que j’ai lu, je n’ai jamais vu d’avis personnel. Le sujet exprime ouvertement : “Super, c’est possible dans ces métiers de vivre en nomade et ça sera génial”. Nous devons nous rappeler, qu’ il y a des aspects positifs et négatifs dans tous les métiers et dans tous les modes de vie. En bref, pour éviter les désillusions, la clé de la réussite réside dans le fait de relativiser ses attentes. Chose, que je n’avais pas fait car pour nous, la situation de départ était différente. (Enfant hospitalisé, obligation de faire une pause professionnelle. J’ai dû apprendre à travailler seule et différemment. Sauf que j’adorais travailler en équipe et j’avais également un désir de carrière).

Une fois lancé, beaucoup de personnes culpabilisent parce qu’ils ne se lèvent pas tous les matins avec une superpatate pour aller bosser. Le fait d’être indépendant et nomade n’est donc pas forcément différents dans nos ressentis et dans l’approche du travail.

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